Histoire ?

Mardi 10 avril 2007 2 10 /04 /Avr /2007 19:30

[ les oiseaux qui gasouillent en bas dans le "parc" ]

Ouganda Au pouvoir entre 1971 et 1978, né dans les années 20 et mort en 2003 (je ne me souviens pas en avori entendu parlé à l'époque, d'ailleurs ?) en Arabie Saoudite où il était en exil (même pas trop doré à ce qu'il parait) depuis sa chute.
Pur produit de la colonisation-décolonisation de l'Afrique par les puissances européennes, Amin Dada était un homme de troupe des armées anglaises (dans les régiments écossais). Ryszard Kapuscinski écrit dans "Ebène" : "Les officiers britanniques et français veulent rester le plus longtemps possible. Pour prouver qu'ils sont irremplaçables, ils font monter en grade des sous fifres, pas trop malins mais dociles". Conséquences assez funestes dans la plupart des cas ...

Après avoir vu "Last King of Scotland" le mois dernier, j'ai vu il y a quelque temps "Général Idi Amin Dada, autoportrait" de Barbet Schroeder, un documentaire filmé à l'époque (1973) dans lequel une équipe a suit tous les faits et gestes d'Amin Dada (en tout cas ceux qu'il accepte qu'on filme).

"Why do you speak about Hitler ?" - Idi Amin Dada "Is it true that you said that Hitler did not kill enough jews during the war?" (rires, mais pas de réponse)

Impulsif, brutal et de plus en plus paranoiaque avec le temps, il a à son actif (passif ?), quelques centaines de milliers de morts (les estimations les plus communément acceptées parlent de 300 000) parmis la population ougandaise. Voilà qui pose le personnage, non ?

Revenons au documentaire.
Exceptionnel.

Idi Amin Dada On y assiste, par exemple, à une séance du Conseil des Ministres, présidée par Amin Dada. Incroyable. Voir un dictateur donner des instructions à ses Ministres. Incroyable de le voir donner des instructions, clairement modérées car destinées à la caméra (évidemment), mais qui restent, même dans ces conditions, décousues, autoritaires et paranos, à un groupe de dignitaires visiblement très au courant de ce qu'il arrive quand on déplait à Amin Dada. Comme un père admonestant un groupe de bambins irresponsables après un mauvais coup qui aurait dégénéré.

A voir quoi. Avant de prendre une décision pour ce qui concerne la politique africaine de Ségo et Sarko, nos deux princes du cynisme en chefs.

Par Pontifex - Publié dans : Histoire ?
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Samedi 2 décembre 2006 6 02 /12 /Déc /2006 09:39

[ Rogue Wave - Medicine Ball ]

CET ARTICLE N'EST PAS UN PLAIDOYER PRO-DICTATURE OU METHODE FORTE. JE NE SUIS NI KEMALISTE, NI SADDAMISTE. JE NE SUIS PAS PARTISAN DES VIOLS ET DES TUERIES, MEME POUR CONSTRUIRE UN ETAT FINALEMENT DEMOCRATIQUE (ou presque).

Mustafa Kemal Ataturk - Mairie de Kutahya Né à la fin du siècle dernier (je parle du 19ème, mmh ?) dans la partie européenne de l'ancien Empire Ottoman, à une époque ou l'état de déliquescence de l'Empire était déjà bien avancé.

C'est une sorte de machine à régler les problèmes. Il a abattu l'Empire et son inertie corrompue, s'est battu avec une armée de récupération contre les alliés (pendant la guerre de 14-18) en Bulgarie, en Palestine, au Liban, en Syrie puis sur le sol Turc, contre les grecs soutenus par les alliés, enfin contre plusieurs armées, milices ou groupes, arméniens et kurdes notamment (phase controversée de son histoire puisqu'il a participé à la répression des mouvements indépendantistes locaux).

Bon, mais je suis pas là pour digresser sur son parcours militaire, mais bien sur sa volonté de réformiste.

"Kemal" veut dire "perfection"*, un surnom datant de l'époque ou il était étudiant.
"Ataturk" veut dire "père des turcs"*, un surnom datant de l'époque de son succès politique (création du gouvernement -au début complètement illégal puisque créé sur un sol théoriquement controlé par Istanbul et la cour impériale- d'Ankara).

Bref, dans les années 20, après avoir ejecté tout ce petit monde les armes à la main, forcé le Sultan à finir ses jour en exil (doré) à San Remo* (après près de 10 siècles de succès puis de lente décadence, c'est donc lui qui met fin d'abord au Califat, puis au Sultanat), Il s'atèle à l'occidentalisation forcée de son pays ... Et là, c'est du délire.

Turquie Son pays sort de plusieurs années de guerres, mondiale, locales et civiles. Avant ces guerres, l'Empire Ottoman avait mis à sac et/ou hypothéqué le territoire turc actuel pour compenser les pertes progressives de territoires lointains, les guerres et la ruine du pouvoir (corruption, ingérences européennes de l'époque colonialiste, pressions russes de l'époque pré-bolchevique). L'Empire est démembré et partagé entre les puissances coloniales. Et pour finir les grecs se sont retirés, mais en détruisant/brulant pas mal de choses dans leur retraite, depuis la Turquie centrale jusqu'à la côte Egéenne.
Ruiné, le pays.

Irak Et ben Mustafa, y se fait pas chier. Il rase tout à la base, et il reconstruit. Il crée de toutes pièces une capitale là ou il n'y avait qu'un groupe de maisons, il réduit du jour au lendemain l'influence de la religion pour créer un pouvoir laique (comme Saddam Hussein l'avait fait, il me semble). Il fait passer le pays du stade de la monarchie bananière au stade de la république parlementaire (celà dit, les députés n'avaient qu'un pouvoir de façade, Ataturk avait l'armée dans sa poche et s'en est servi comme d'un argument toute sa vie).  Pas en douceur, pas en expliquant au gens que la "démocratie", c'est cool. NON. Par la force.

"Vous voulez encore porter le couvre-chef et la tenue vestimentaire traditionnels ? OK, bon, le premier que je vois porter ce genre de tenue, on le met en taule et c'est la bastonnade."
Et voilà, tout le monde porte désormais des chapeaux à l'occidentale (du coup les vendeurs de chapeaux font fortune et les stocks sont à ce point à la rue qu'il parait qu'on voyait des paysans se balader dans la campagne turque avec les mêmes chapeaux que ceux des femmes françaises).

Mustafa Kemal, c'était un dictateur-réformiste d'un autre temps. Une sorte de brute qui aurait pris le pouvoir et imposé par la force des décisions qu'il fallait (pour partie) prendre, mais que personne n'aurait pu imposer en douceur à une époque ou un Sultan vivait dans un palais doré de plusieurs milliers de mètres carrés et ne mettait jamais les mêmes habits (somptueux) plus d'une fois*. Un mec qui a sauvé son pays du colonialisme et boosté le chamboulement du pays entier, faisant table rase en 10 ans d'une structure et d'une histoire mises en place depuis plusieurs siècles.

Syrie Mustafa Kemal, ça aurait pu être un Hafez El-Assad ou un Saddam Hussein. Il en avait le pouvoir. Comme moi devant Sim City, à coups de clics de souris, il a créé, détruit, tué, modelé par les armes et finalement construit un pays comme il estimait devoir le faire. Il n'a pas cédé aux délires mégalos d'un Saddam Hussein. Il n'a pas vécu dans un palais, n'a pas fait de collections d'oeuvres d'art, d'automobiles ou de parfums, alors qu'il aurait pu le faire d'un claquement de doigts. C'était un martien.
Parti de rien, il a utilisé les mêmes moyens que ses deux (futurs) voisins irakien et syrien, jamais très reluisants, souvent sanguinaires, mais pour la fin qu'on constate aujourd'hui. ... Après encore quelques réformes, ils seront bientôt européens. On pourrait pas en dire autant de la Syrie où de l'Irak.


Bon, voilà : Mustafa Kemal, c'est un BAR-JOT**.

CET ARTICLE N'EST PAS UN PLAIDOYER PRO-DICTATURE OU METHODE FORTE. JE NE SUIS NI KEMALISTE, NI SADDAMISTE. JE NE SUIS PAS PARTISAN DES VIOLS ET DES TUERIES, MEME POUR CONSTRUIRE UN ETAT FINALEMENT DEMOCRATIQUE (ou presque). ET JE CHIE SUR U.G.C.

*si je me souviens bien
** Barjot : adjectif, verlan de "jobard". Plutôt familier. Synonyme : "fou".

Par Pontifex - Publié dans : Histoire ?
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