v.i.o.l

Jeudi 23 mars 2006 4 23 /03 /2006 00:30

[Feeder - Comfort In Sound]

... muffe ... puffe ...

Si on m'avait dit, il y a quelques années, que j'écouterais un jour un truc du genre de Feeder, et ben, ça m'aurait fichu un sale coup au moral. Finalement, je m'en satisfais pas mal. Comme un bon gros bol de soupe, avec des grumeaux et du gruyere rapé ... sans lait, s'il vous plait.

J'ai donc fait la vaisselle. Ca m'a permis d'échapper un peu plus longtems à la page blanche. Blerke, pas belle, avec son interface par défaut. Faudra que je travaille là dessus aussi ... Tiens, pourquoi pas maintenant ?

Tut tut tut, reviens ici toi. Tu étais là, tu avais créé ta page blanche, tu voulais cracher le morceau, et puis tu es deja pret à dissoudre le tout et bosser sur la forme, pour oublier le fond.

Il est où, le fond ?

Ah, ouais, le viol. Le viol, le viol, le viol.

Depuis 97 et ma premiere connection intrnet, j'ai toujours senti la magie de ce truc, cette possibiité de scotcher l'écran pendant des heures tout en ayant la possibilité de croire que "non mais attends là, je socialise, regarde, je dialogue en direct avec des gens, j'envoie et je reçois des e-mails merde, c'est du contact social ça non ?". Heureusement, je n'ai jamais eu ni l'occasion, ni les couilles (parce qu'il en faut, là aussi, finalement) de "plonger", de me laisser aller competement au virtuel. De maniere affirmée, en tout cas.

Et puis je suis quand même tombé, il y a deux ans ou presque. Une periode propice, un retour de vacances, les journées de travail du mois d'aout, les bureaux deserts, activité réduite ... J'avais le choix entre ranger mon bureau et déprimer, ou errer sur internet et déprimer. Alors j'ai erré. Pas dans ma tete, comme d'habitude, mais sur le sujet qui revient encore et toujours : "viol". Il marche bien, ce keyword, sur google, tu en tires toujours quelque chose. Du mauvais, souvent. Du bon, parfois.

J'ai fini sur le forum "viol" de doctissimo, à participer à quelques sujets, à en créer d'autres. J'ai même rencontré la chtite belge ... On est "amis" maintenant. Pour la vie. C'est beau, non ? Mais c'est un autre sujet.

Le viol, alors.
- je ne lui en veux même pas. D'ailleurs, j'excuse tout le monde, moi, à croire que c'est ma vocation : pardonner un viol, mais en vouloir à mort à un inconnu qui me bouscule pour passer le premier avant que la porte ne se referme sur lui, me laissant seul sur le quai du métro (ligne 5, je m'en souviens très bien, c'était ce matin, l'enf...).
- j'ai fait plus ou moins tout ce qu'il voulait (même quand il m'a menacé avec un couteau pour que j'affirme que je trouvais Jeanne Mas, sur le mur de sa chambre, "sexy" ... non mais sans déconner ...).
- ça passait par "fellation", "sodomie", "langue" (je me souviens tres bien de ce gout métallique).
- je ne sais plus combien de temps ça a duré.
- c'était il y a longtemps. Presque 2 dizaines d'années. 20 ans avec ça dans la tête et un gout dans la bouche. Blerfe, je vieillis.

Mirte. Ca marche pas aujourd'hui. D'habitude, je parle, ou j'écris. Puis je lis ce que j'ai écrit, ou je me remémore mes paroles, tout s'envole, et ça me laisse le sourire, "ah ah, quel con, finalement il suffit de pas se prendre la tête".

Je relis les phrases, là haut, le viol ... Banal. Des mots, juste. Pas différents de ceux des autres, mes mots, rien qui les distingue. Et de toute façon, qu'ils soient là ou pas, mes pensées restent, à tourner. Chier, ça. Bon. Plus tard, peut-être.

Une gauloise ? C'est mal de fumer. Mais elles m'ont sauvé pas mal de mises, celles-là.

 

Par PM C - Publié dans : v.i.o.l
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Vendredi 24 mars 2006 5 24 /03 /2006 15:04

Watchguardian [Kid Loco - Here Come The Munchies, et puis Cocaine Diana]

Je devais avoir entre 8 et 10 ans, je ne me souviens pas exactement. Lui devait avoir entre 15 et 18 ans, quelque chose comme ça. Pas plus.

Ca fait jeune pour un violeur mmh ? Cette idée ne m'est venue à l'esprit que plus tard ... Mirte, si ça se trouve ce n'est pas un viol "dans les formes", que je me disais. Que je me dis encore, en fait. Peut-être. Peut-être que je me suis raccroché à cette idée, "je me suis fait violer", pendant des années, sans que pour autant elle ait une valeur, disons, "juridique" ... Peut-être que pour e commun des mortels, je ne suis pas une victime de viol. Tout ce fatras dans ma tête, tout ce bordel, tout ce vide que j'ai créé n'aurait alors pas lieu d'être ... Mirte, et pas de "rewind" possible, évidemment.

 

 Je ne me souviens (évidemment) pas de la premiere fois. Je me souviens juste de quelques moments.

Le moment ou la sodomie n'a pas marché ... Je devais être trop jeune, pas assez de place ...

Le moment où il m'a demandé de pousser des cris, "tu sais, comme les femmes quand elles font 'amour" ... Merde, je savais à peine ce dont il parlait ... Je n'ai même pas répondu, j'ai juste fait comme si j'avais pas entendu sa requête, et puis merde, c'était déjà assez cool de ma part de lui laisser faire le reste, je me disais que putain, il pouvait bien passer l'éponge sur mon mutisme, pas déconner quand-mmême.

[Morcheeba - Wonder Never Cease]

Tasse vide, chier

La langue, aussi, je m'en souviens. Le gout métallique, donc. Gerbos, ça. Vraiment. Ca langue pouvait aller où elle voulait, la mienne essayait de l'éviter, recroquevillée dans le fond ...

Et puis, la fellation. J'etais sous les draps. Gerbos aussi, mais pas comme prévu. Le gout, juste. Pas vraiment de dégout d'avoir un sexe, et pas le mien, là, juste sous les yeux. Le goût. Gerbos.

Je ne me rappelle pas que ça ait joué particulierement joué sur mon comportement, à l'école ou avec les potes.

Ca a du durer quelques mois, quelques années peut-être. Jusqu'à ce que j'en parle à ma mère, puis à mon père. Alors, je me suis rendu compte. OK, je savais (surement confusément) que c'était pas très net comme histoire, pas un truc qu'on fait avec un copain qui est plus vieux.
Mais à la réaction de mes parents, j'ai du comprendre que c'était vraiment pas clean. Du tout. Là, j'ai pleuré. Un peu parce que ma mère pleurait aussi, un peu parce que je ne savais pas vraiment quoi faire d'autre. Et puis aussi, je n'avais raconté qu'une partie des trucs que j'avais envie de dire. J'avais juste donné une idée globale de ce qu'il se passait, pas de détails, le gout de son sexe, pas le mutisme, j'avais pas de mots à coller là dessus, et puis je n'avais pas l'habitude de parler "caca-pipi" avec mes parents, donc "bite-fellation" encore moins. des mots de grand, ça.

Je me souviens, quelque temps après avoir dévoilé l'histoire à mes parents, avoir sorti une phrase du genre "tu sais, il a aussi mis son zizi dans ma bouche", à ma mère, en passant, comme ça. Il fallait que j'évacue, mais je ne savais pas comment le faire sans reprendre la grande discussion, sans que tout le monde soit là, autour de moi, sans que j'aie à parler pendant des quarts d'heures et des quarts d'heures. Alors, évacuer par petits bouts, sur un ton anodin, en passant, rapidos, c'était une solution.

Je crois que c'est comme ça que j'ai appris à être léger, anondin, froid, c'est comme ça que j'ai appris à penser en permanence que "mouaife, c'est pas grave, ça passera".

Et maintenant, c'est comme ça que ça se passe. Un imprévu ? Un truc de merde qui me tombe sur la gueule ? "mouaife"

Pas grave, donc. Accepter, ça je sais le faire.

Par PM C - Publié dans : v.i.o.l
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Lundi 1 mai 2006 1 01 /05 /2006 08:39

[ Zero 7 - Warm Sound ]

Putain ... Obligé de me lever à 08h39 le 1er mai ... Aller-retour CDG ...
Bon, mais ce n'est pas de ça que je voulais parler. Juste un début d'article, me tirer les vers du nez.

Passif, donc. Le viol ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Ou je n'ai jamais su. Ca tourne trop, là haut, pourque je sache ce qu'il s'y passe. En tout cas, je suis trop passif. Trop défaitiste. Tout est perdu d'avance. Mes envies viennent, puis me quittent avant que j'aie pu les satisfaire.

Baphomet "Trop difficile"
"Ca ne marchera jamais"
"C'est pas possible"
"Irréaliste"
"Laisse tomber"

Pourtant elles sont sympas mes envies. Et parfois j'ai même en face de moi des gens qui, ayant eu les mêmes envies que moi, les ont fait fructifier et les ont satisfaites. Alors pourquoi pas moi ? Le viol ? Merde, tout ne se résume pas à ça, nom d'une burne ... Alors quoi, je vais quand même pas finir ici ?

Bon, c'est un début d'article ...

Par Pontifex - Publié dans : v.i.o.l
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Jeudi 20 juillet 2006 4 20 /07 /2006 00:14

[ Vangelis - BO de Blade Runner ]

"See you tomorrow" j'ai écrit. Demain, je la vois.

Et voilà, aujourd'hui c'est demain.
J'ai déjà le regard dans le vague. Déjà prêt.
J'aime bien la phrase qui dit que "le meilleur moment de l'amour, c'est quand tu montes les escaliers".
Les escaliers, c'est mon truc. Je regrette d'arriver à la dernière marche.
Le palier.
Après le palier, il y a "elle", derrière la porte.
Qu'est-ce que je vais bien pouvoir dire ?
Est-ce que je vais pouvoir dire ?
Putain, mais comment ils font, tous ?
Je sais comment ça marche, et pourtant comme à chaque fois je suis tétanisé.

La peur. Celle du regard dans le vague et celle du gros poids dans le ventre. Celle du vide dans le cerveau, celle qui est immobile. Celle qui se lit dans les yeux. Je l'ai déjà vue dans des yeux étrangers, aussi.
Je ne sais pas pourquoi j'air peur. Presque par habitude, simplement.
Je ne peux pas raisonner, la peur est ma capacité de jugement, mon sang est froid et je fonctionne au ralenti.
La peur me laisse juste la volonté de fuir. Pas celle d'évincer la petite voix.
Au mieux, je peux peut-être ne rien faire, rester sur le palier.
Peut-être tendre la main vers la porte, lentement.
Pas à pas, seconde par seconde, c'est comme ça que ça marche si je veux avancer.
Je tends la main. Elle est là. "Salut, je suis mort de trouille". Elle sourit.

Par Pontifex - Publié dans : v.i.o.l
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Samedi 2 septembre 2006 6 02 /09 /2006 16:34
[ Slayer - 213 ]

Un titre bien pompeux pour un post dont le contenu est d'ores et déjà occulté dans mes pensées ... fff, allez, on essaie de pondre un truc, n'importe quoi, merde, des impressions, des pensées, n'importe quoi ...
Ombre Le sexe ...
A chaque fois que j'ai eu l'occasion d'en parler (avec S., puisque c'est d'actualité), j'ai constaté que la situation était moins dramatique que ce que je crois. Parce que si ça reste important, ça ne l'est jamais autant que dans ma tête, et parce que mes blocages ne sont pas toujours si visibles.

MAIS

J'ai toujours la trouille. Le sexe n'est jamais un plaisir anodin, léger, un moment dont je profiterais parce que c'est bon, parce que j'arriverais à traduire mes envies par des actes, et pas par des craintes stériles qui noient tout.

Pourtant je n'ai pas assez la trouille pour ne rien faire. La trouille ne m'empêche pas de déshabiller S., de me montrer nu, elle ne m'oblige pas à éteindre la lumière, ni à rester passif.
Mais la trouille est toujours là, qui me titille. Quand elle gagne, je me mets en pause. Envie de fuir, d'aller fumer une énieme clope et prendre l'air. Quand elle ne gagne pas, je lui consacre une partie de mes forces de toute façon. Elle a besoin de bouffer une partie de mon plaisir, toujours.

J'ai besoin de ses yeux, je crois. Quand S. me regarde, la trouille prend moins de place. Quand elle ferme les yeux, la trouille regagne du terrain. Je crois. Ca marche parfois. Sauf quand il est trop tard et que je suis déjà ailleurs.
Par Pontifex - Publié dans : v.i.o.l
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Vendredi 15 juin 2007 5 15 /06 /2007 01:01

[ Il Pleut Sur Paris]

Elle est partie depuis moins de deux semaines.
Je commence à ressentir le manque. Clairement, c'est un manque de sexe. Et pourtant je ne l'envisage pas avec quelqu'un d'autre. Ridicule. On devrait pouvoir le faire avec quequ'un d'autre. Je sais qu'on doit pouvoir le faire avec quelqu'un d'autre, parce que ces formalités sont ridicules. Le fair avec elle uniquement ? Sur le papier, c'est ridicule.Pas vivable. Comme un mariage des temps anciens. Bon, moi je suis encore old school dans mes comportements, ok, je suis pour la fidélité. Mais je sais que c'est une connerie. La fidélité aveugle, ça tue le reste.

J'ai envie. Ma langue sur ses fesses. Pourquoi les fesses ? Mordre.

(note du lendemain -moins bourré, plus fatigué- : "la pluie c'était pas des effets spéciaux, il pleuvait cette nuit")

(note du lendemain, quelques secondes après la précédente ci-dessus : "c'est vrai qu'elle a des super fesses")

Par Pontifex - Publié dans : v.i.o.l
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Dimanche 17 juin 2007 7 17 /06 /2007 13:15
[ Nine Inch Nails - Beside You In Time ]

Je termine "Parler d'amour au bord du gouffre", de Boris Cyrulnik. Dont ma mère m'avait parlé il y a longtemps, d'ailleurs. C'est à se demander comment elle a pu me répondre "ah, mais on ne savait pas que c'était aussi présent" quand je leur ai reparté du viol l'année dernière.

Comme toujours, les questions restent posées. Elles s'additionnent même les unes aux autres avec le temps, les plus anciennes disparaissant sans que j'aie pu y trouver une réponse définitive : ou en est ma résilience ? Ou est-ce que j'en suis, sur l'échelle qui va de bas en haut ? Est-ce que je fuis, ou est-ce que je suis "ma voie" ? Constructif, ou destructeur ? Prudent, ou insécure ? Curiosité, ou pulsion de mort ?
Par Pontifex - Publié dans : v.i.o.l
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