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... n'avoir l'air de rien, surtout ... attention, tu souris là, corrige moi ça ... droit, tiens toi droit ... fais voir ta cravate ? ouais, tire un peu le noeud là ... putain, t'aurais pu mieux te raser quand même ... bon, tire un peu sur ta ceinture ... OK, ça peut aller ...
... hein ? oui, elle est jolie la petite brune là, hein ? bon, mais tu te rappelles où on est ? et qui tu es ? alors, te fatigue pas, laisse tomber ... lis, plutôt ... tu as un livre, non ? c'est fait pour lire non ? ... allez, les portes s'ouvrent ... tu es arrivé, sors de là ...
Paroles extraites des "monologues de la petite voix", série "métro ligne 5"
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[ Rass Kass - Nature of the Threat ]
Les extrémistes musulmans sont à nos portes, les civilisations et pays autrefois soumis osent désormais revendiquer leur autonomie et leur droit à l'indépendance.
Les armées européennes, mais surtout américaines et des états satellites se massent en méditerrannée orientale, dans le golfe persique et sur les cotes iraniennes, elles sont à pied d'oeuvre. Bientot, les métèques sauront qui est au pouvoir.
Et ce ne sont pas quelques millions de soldats chinois qui empecheront les glorieuses forces occidentales enfin unies d'imposer au monde la liberté, la démocratie et la libre concurrence.
Vous allez vous aimer les uns les autres, bordel de merde ?
[ Archive - So Few Words ]
Je fais les 100 pas en tournat en rond dans l'arrière cour de l'entreprise, attendant qu'elle décroche le téléphone. J'ai déjà le paquet de cigarettes à la main, mais j'ose pas en sortir une, ça ferait pas très sérieux, je la rappelle suite à un entretien d'embauche après tout.
Moi (bredouillant largement) - "Oui, bonjour, Madame, C à l'appareil, on s'est vus la semaine dernière pour entretien de recrutement, et j'ai vu que vous avez essayé de me joindre hier, mais sans me laisser de message ..."
Elle - "Ah, oui, Monsieur C. Bon, et bien comment s'est passé votre deuxième entretien, lundi soir ? Quelle est votre impression ?"
La petite voix - "Mais c'est quoi ces conneries ? Mirte !"
Moi - "Ben ... C'était très interessant ... Euuuuh, c'est peut-être un peu à votre collègue de le dire, hein, moi j'ai trouvé ça très interessant, j'en suis ressorti encore plus motivé, mais en même temps ce n'est pas moi qui choisis, je ne sais pas, c'est vous qui jugez ..."
Elle - "Bon, parce que le retour a été tout à fait positif, apparemment mon collègue est satisfait."
La petite voix - "Mirte ! Mais c'est quoi ces conneries ?"
Moi - "Ah bon ?"
Elle - "Oui, oui, tout s'est bien passé".
Moi - "Gluuuupse, mais ... Vous voulez dire que c'est OK alors ?"
Elle - "Oui, oui, nous avons le plaisir de vous accueilllir dans notre équipe"
Moi - "Glupse ... C'est à dire que, plus de tests, plus d'entretiens, c'est confirmé, je peux démissionner de mon poste actuel, et la prochaine échéance ..."
Elle - "Oui, c'est un peu de problème, la prochaine session de formation est pour Juillet, donc il faudrait que vous vous libériez pour ces dates là"
La petite voix - "Nom de Dieu de putain de bordel de mirte ça y eeeeeeest putain tu y crois à ça, petit salaud ? Nom d'une burne mais voilà ça y est tu es sauvé ça y est bordeeeeeeel ! Fini de te faire chier dans un bureau, c'est fini de vendre ta race tous les jours, fini de faire le singe, fini la forme, plus de costumes, plus de cravates, plus de marges, plus de clients, plus de commandes, plus de projets qui merdent parce que le boss est un blaireau et que toi tu es super intelligent, tu le comprends ça bordel de miiiiiiiiiirte !"
Moi (voix aigue) - "Yesssss !"
Au fond, pour le capitalisme, la meilleure population, la plus réceptive, la plus docile et la plus enthousiaste serait une population complètement atomisée et infantilisée, dont les liens de solidarité seraient réduits à des échanges groupusculaires, fusionnels et festifs, une population dont les membres n'auraient plus en commun que le projet de jouir ensemble, de "s'éclater" infiniment, prisonniers béats d'un sybaritisme [doctrine philosophique prônant la recherche de tous les plaisirs] invertébré, c'est-à-dire d'un style de vie moralement anomique [vide de sens], où l'atrophie de la dimension éthique serait compensée par l'hypertrophie de la dimension esthétique, où le but de la vie serait de "se faire du bien" à défaut de faire le bien.
[ Nine Inch Nails - Beside You In Time ]
...
Le chauffeur de taxi - "It's a police state here"
Monsieur Kune - "Where would you like to live ?"
Le chauffeur de taxi - "On the Moon"
...
C'est le pays de Pretty Woman. Tu y fais les courses en courant, un sourire béat aux lèvres, le cerveau vide, la conscience calmée par le triomphalisme ambiant, toute retenue annihilée par les flashs, les affiches, les costumes, les tailleurs, les "God bless America", les self made men & women, la gabegie ...
Un spot de pub pour l'armée, en plein milieu du terre plein central sur Broadway : "Enjoy your life" ... des mecs font du surf ... "Find your friends" ... une bande de gars baraqués costumés en GIs sourient à la caméra ... Le centre de recrutement est là, sa porte donne sous l'écran, suffit d'entrer, signer, et y'a plus qu'à aller trouver ses amis et profiter de la vie en Irak. Personne hallucine ? Un couple se fait photographier, pas le pouce en l'air mais presque, triomphants sous les spots.
A coté de ça, ils y croient.
En France, on nous apprend à douter. Se méfier. Tourner. Réfléchir. Penser. Hésiter. Peser.
Là-bas, ils sont élevés à y croire. Croire qu'il suffit de vouloir. Oser. Faire. Be yourself.
Et c'est vrai que c'est cool d'être yourself, tous ces mecs ont l'air d'en bien profiter. Zont le sourire quand il faut.
Et la larme à l'oeil aussi. Suffit de leur mettre un drapeau sous le nez. Pas comme nous, sales franchouillards, qui crachons sur le notre dès qu'on nous le présente. Heureusement, Sarkozy devrait mettre de l'ordre dans tout ça. Mais attention, un ordre juste, hein ?
Wola, mais je m'égare, là. Revenons au sujet.
Bon, y'aurait trop à dire. Ptet que j'y reviendrai ponctuellement. Plus tard. M'enfin, on a bien rigolé, ils sont marrants (et sympas, il faut dire ce qui est) les américains.
* * * MAJ DU 08/07/07 * * *
Bon, ça va être difficile maintenant de tirer sur les américains, on va pas avoir l'air cons avec M. Sarkozy, là haut, en tête.
Prendre des cours de pilotage ?
Un pote (deux, même), m'ont fait cette remarque, cette semaine, à propos de la photo à gauche, là : "Là quand-même, t'as abusé".
Ah ?
1 - Chili 2 - Guatemala 3 - traffic de drogue organisé par la CIA 4 - argent de la drogue (et argent sale d'origines diverses) investi à Wall Street 5 - Nicaragua 6 - Vietnam 7 - Congo 8 - Somalie 9 - Iran 10 - Yougoslavie 11 - OMS 12 - OMC 13 - ONU 14 - AMI 15 - ALENA 16 - Palestine
17 - Liban 18 - Arabie Saoudite 19 - Cuba 20 - Irak nom d'une pipe, il était pas encore dans la liste !
21 - Brésil 22 - Argentine 23 - Colombie rargh, bon, c'est soulant ce genre de liste, mais je peux rapidos rajouter 24 - Haiti sans prendre de gros risque.
Alors ? Qui doit avoir honte ? Un mec qui court dans la rue avec les bras écartés ? Ou les enf... qui osent encore dire "Ouais, il a raison, y'en a marre de suivre ces gauchos, lui au moins il fait ce qu'il dit" ?
Ouais, mais aussi on s'est gavés de hamburgers, niark ark. Photo la prochaine fois.
Une petite écoute ? Le conseil de ce soir : Kreator - Europe After The Rain.
[ Eric Weissberg & Steve Mandell - Dueling Banjos ]
"Dans ma zériba, 22 octobre 1929 : une couleuvre blonde en dévore une autre. J'ignorais ce cannibalisme. Cela entre assez vite, et, bien entendu, à sens unique : la proie une fois engagée ne peut ressortir. Aussi quand j'ai saisi la queue de l'avalé, l'avalant s'est-il trouvé fort penaud, retenu par cette étrange ficelle, et, malgré ses efforts pour conserver l'air dégagé et indépendant, mimant à ravir le poisson pris à la ligne."
(une "zériba", est une "défense en abattis d'épineux, entourant un parc à bestiaux, un camp, etc.; parc ou camp entouré d'un abattis; ailleurs : hutte de paille")
Cet extrait est dans le fond assez peu représentatif. Par contre, la forme est là. Des pages de découvertes scientifiques et de voyages sur ce ton léger. J'ai souvent souri en lisant ces paragraphes pleins d'ironie.
J'ai choisi ce livre au hasard en furetant dans les allées de la librairie (fnac, je dois l'avouer). Au sortir de Noam Chomsky ("Le profit avant l'homme"), la lecture de Théodore Monod est plutôt riante, une bouffée d'air neuf (mais brulant), la liberté, les grands espaces, la terra incognita, le "fog of war" à réduire (sur une carte du monde réel cette fois), et tout ça.
Cette été, au Mali, c'est vers le Nord que je regarderai, en essayant de deviner dans la brume de chaleur (y parait) les massifs (y parait) et les étendues désertes (y parait) que Théodore Monod raconte dans "Méharées".
[ rien ]
Demain, entretien pour un éventuel job au sein d'une ONG ... A peine préparé avec tous ces voyages (qui évidemment tombaient donc tous au même mauvais moment).
Chier.
Stress.
Qualités.
Défauts.
Objectifs.
Réalisations.
Echecs.
Motivations.
Pourquoi ?
Comment ?
Arg.
Mirte. Imprimé le mauvais CV. Dois aller chercher d'autres impressions chez S. Bagnole tiens, ça va me sortir un peu. Prendre l'air. Le périf ...
[ The Dandy Warhols - Godless ]
Un voyage pour le boulot. Pas beaucoup de moments pour réfléchir, pas assez de trajets pour regarder.
Mais assez de réunions et de visites pour rencontrer des gens sympas et généreux. Remarque, je n'en attendais pas moins.
On ne m'a jamais autant posé cette question : "Alors ? Maintenant que tu as vu, qu'est-ce que tu en penses ?". Ils flippent, ils ont peur qu'on finisse par écouter les méchants et qu'on bombarde ce pays qui à déjà subi plus que sa part des conséquences du délire ambiant. Qu'on finisse par croire qu'ils sont tous prêts à flinguer des millions de gens juste parce qu'un barbu en aura donné l'ordre. Et qu'on prenne les devants.
Le cimetière de tanks sur la route de l'aéroport est un rappel à l'ordre plutôt sinistre. A. me dit qu'en fait ils s'en servent pas mal pour faire des films. En l'honneur du passé. Glorieux ? Chais pas. Mais morbide. A. me raconte (il était aide chirurgien avant d'être directeur technique) comment il soignait les gazés pendant la guerre. Du gaz moutarde, il dit. Made in Germany & France, comme ce que je suis là pour lui vendre, ça je le sais.
Ici, malgré les tours et les montagnes blanches à l'horizon, on reste dans un de ces pays (avec les Etats-Unis) où si tu déconnes, tu finis au trou, par mesure de précaution. Au trou parce que tu es blanc. Si tu étais plus bronzé et moins accompagné ...
Mais ici, aussi, les gens sont gentils comme tout. Ils en ont marre. De servir de portes drapeaux, surement. Ils aiment les US, ils matent Voice Of America. Malgré mes piètres plaidoiries. M'enfin, qu'est-ce que tu en as à foutre, de la "décroissance", quand tu passes ta vie à cacher ce que tu es ? Quand tu dois filer ton sac de bière à un flic qui t'a démasqué en plein ravitaillement ? Quand il t'est interdit d'embrasser ta femme en public ?
Demain soir, New York. Je me demande comment vont réagir ces $$¤$# de douaniers quand ils verront mon passeport et les visas iraniens. Ptet que je rigolerai moins, d'ailleurs. Ces connards nous avaient traités comme des chiens la dernière fois. Patriot Act & co. Mais cette fois-ci, je viens d'un pays ami. Bientôt Sarkozy. Un pote de Bush. Un partisan de la détention au bénéfice du doute.
[Commentaires. ..